« Personne ne dira rien sur Guy Drut, explique un parlementaire, car il est questeur à l’Assemblée nationale. » Un poste clé, puisque, avec deux autres députés (de droite et de gauche), Drut veille aux finances du Palais-Bourbon.
Oh puissant DRUT , veillez bien à l'utilisation de NOS SOUS.!!
Renvoyé devant le tribunal correctionnel pour avoir bénéficié entre 1990 et 1993 d'un emploi fictif dans une société de BTP, pour un montant de 774 047 F (environ 120 000 €), les débats ont largement confirmé les charges portées contre lui. Le président Jean-Louis Kantor, pourtant peu pugnace lors des débats, se révélait accablant dans son jugement rendu en octobre dernier.
Il écrivait notamment que «Guy Drut est dans l'incapacité de justifier d'un acte positif (...) son salaire», d'autant qu'au moment des faits il «disposait (...) de moyens matériels et de revenus considérables».
Le magistrat ajoutait même que Guy Drut avait «obtenu par la cession de ses actions [dans une société] des plus-values très importantes et totalement inexpliquées pour plusieurs millions de francs».
Le deuxième motif d'interrogation suscité par cette amnistie porte sur l'attitude de l'ancien champion olympique devant le tribunal.
Absent durant l'essentiel des débats, au point de ne pas venir à l'audience le jour du jugement, Guy Drut s'est montré d'une désinvolture rare dont le sommet fut atteint le 9 mai, jour de son audition.
Accoudé à la barre, sourire aux lèvres,
il invoquait pour sa défense «le champion olympique que je suis toujours» et expliquait : «C'est vrai, je fais impression : la stature, le regard... Le sportif de haut niveau peut être capricieux». Et quant aux 13 millions de francs d'impôts sur la fortune payées en 1994, il répliquait : «Que voulez-vous ? j'ai épousé une femme adorable mais qui avait un certain patrimoine.» Un comportement qui choquât à l'époque observateurs, avocats et prévenus.






